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PINOCCHIO LE PANTIN MERVEILLEUX Texte de Carlo Collodi Spectacle pour enfants et adultes nous le f Qui m’appelle ?
Un espace qui ne reçoit pas la lumière du soleil, comme l’armoire toujours fermée de Maitre Cerise évoquée au début du livre, ou comme celle où s’est installé un lointain cousin de Pinocchio, le “monaciello” de Naples, ce “petit démon” cher à Anna Maria Ortese. Un lieu caché et oublié, lieu consacré des peurs et des cauchemars, zone intermédiaire entre le monde des vivants e celui des morts, lieu théatral où les acteurs ont un caractère d’apparitions.
Dans cet endroit éclairé par une lumière lunaire cinq figures fantomatiques vêtues de gris, à-demi cachées dans l’ombre, assistent avec stupeur à l’apparition d’un “nouveau”: le pantin Pinocchio. Ils sont tout de suite fascinés par sa façon de bouger et de parler, et- qui pour le protéger, qui pour le voler, pour le jeter à la mer, qui pour en faire du bois à bruler, - chacun va tenter d’en devenir le maitre. Ils sont, ces hommes gris, en meme temps sinistres et comiques, d’un comique qui ne fait qu’en redoubler la cruauté. Les accessoires qu’ils utilisent semblent tirés d’un vieux coffre à jouets, ils sont trop grands, ou beaucoup trop petits, et eux-mêmes finissent tot ou tard par retourner dans l’ombre, à leur état de fantômes, d’habitants de l’informe. Ces figures dérisoires et effrayantes sont celles qui fréquentent notre inconscient, les adultes comme nous les avons perçus e vus durant notre enfance, avec leurs pulsions menaçantes, avec le poids de leurs sentiments contradictoires et oppressants.

Pinocchio le pantin merveilleux nous fait plonger dans un rêve nocturne burlesque et inquiétant, où nous suivons le petit être habillé de son drôle de costume au milieu de ces personnages sombres qui “s’en occupent” avec voracité, voracité pleine d’affection, ou voracité tout court, et qui le persécutent de toutes les manières possibles. Mais le pantin affronte chaque nouvelle situation avec un mélange d’ingénuité et de témérité, et une prodigieuse agilité physique, qui en font un être qui tient du magicien,de l’enfant et de l’idiot. Effiectivement Pinocchio ressort toujours indemne et comme neuf de chaque aventure, même si nous savons, grace à ses fabuleuses récapitulations, qu’il se rappelle tout ce qui lui est arrivé.
Pinocchio n’est pas un héros, ni un modèle, c’est un petit être magique qui, ne faisant pas partie de notre monde, mais le “copiant” avec génie, ait voir tout retourné, comme renversé; et de ce monde il s’échappera, parce que “il y a tellement, tellement souffert”. Pinocchio, pantin solitaire, “nigaud” infortuné, désobéissant par nature, indomptable, disparaitra d’un autre côté, d’un côtè plus mystérieux encore, que la zone, théatre de ses mésaventures, il ne passera pas du coté des garçons bien élevés; et ceux de l ‘armoire, orphelins de leur victime, de leur petit héros, resteront encore un instant visibles, avant de disparaitre à leur tour dans l’obscurité.
Ce travail a signifié pour nous d’aller à reculons dans le noir, le noir de notre enfance, vers les voix cachées qui nous “appellent”, lvers les personnages lugubres qui ont peuplé nos sommeils, personages ambigus, droles et cruels. Dans ce paysage de cauchemar la figure d Pinocchio nous soulage, nous entthousiame, nous le suivons dans tous ses mouvements, il nous attire irrésistiblement, grace à son immediateté, son manque de profondeur, qui fait partie de son caractère magique, à sa liberté innée, son insouciance, la fraicheur et le comique de ses réparties. Nous avons voulu rendre l’extraordinaire efficacité du texte de Pinocchio, son aspect d’écriture “en courant”; On a parlé à propos de ce livre d’un texte écrit en état de grace et c’est effectivement un texte, qui peut etre répété maintes fois sans perdre rien de son effet “d’irruption”.
Les personages grsi assument la fonction de choeur qui chante et commente l’ action centrale, la scande avec le son de petits instruments de musique, et celle de servants de scène.



con Massimiliano Balduzzi Valentina Chiefa Marta Gabriel Céline Kraus Anna Teotti Piero Usberti Mise en scène Anne Zénour Lumières Silvia Bindi Costumes Les couturières