Kaspar

à

KASPAR D’après Kaspar de Peter Handke

Sì, ho l’impressione che la mia apparizione su questa terra sia stata una caduta brutale

“Le Dimanche de Pentecôte 1828 fut trouvé dans la ville de N. un adolescent qui fût ensuite appelé Kaspar Hauser. Il marchait à peine et n’arrivait à prononcer qu’une seule phrase: “je voudrais devenir un chevalier comme mon père.” Plus tard, quand il eut appris à parler, il fit les déclarations suivantes: pour autant qu’il se souvienne, il a toujours vécu dans un trou, assis pieds nus sur le sol: il n’a jamais entendu un seul bruit, ni d’homme, ni d’un animal, ou de quoi que ce soit d’autre. Il n’a jamais pu se rendre compte de la différence entre le jour et la nuit, et il a encore moins eu l’occasion de voir les belles lumières du ciel. Il n’a jamais vu en face l’homme qui lui portait à manger et à boire. Un jour, l’homme l’a hissé sur ses propres épaules, et l’a porté à l’extérieur; ensuite la nuit est tombée. Dans le langage de Kaspar ce “la nuit est tombée” signifiait s’évanouir, comme cela lui arriva à plusieurs reprises dans les premiers temps de son séjour à Nürenberg.”
Quand Kaspar Hauser, enfermé dans une cave jusqu’à l’âge de dix-sept ans, apparut dans la petite ville de Nürenberg muni d’un étrange billet de présentation, il fut accueilli dans sa propre maison par le professeur Daumer, qui entreprit de l'instruire et nota, jour après jour, tout ce qu’il disait et faisait. Cinq ans après son “arrivée dans le monde”, Kaspar fut tué par un inconnu, probablement parce que sa présence était devenue trop encombrante pour ceux qui l’avaient séquestré.

Le texte de Handke est centré sur l’apprentissage exténuant de la parole, de la grammaire, des règles à suivre pour vivre parmi les hommes, en commençant par celles qui régissent le parler et la manière même de penser. Pour Kaspar, “tombé brutalement” sur la terre – comme il le disait lui-même – doué d’une acuité sensorielle extraordinaire, comme s’il venait d’une autre planète, et pour qui chaque nouveauté est source de terreur, cet apprentissage est une sorte de torture à laquelle il se soumet avec une ferveur folle.
Son petir maître, qui lui non plus n’appartient pas vraiment au monde des hommes, accomplit sa charge, en la singeant, parfois avec ardeur, parfois avec ennui ou cruauté.
Pour une soirée, le petit maître ouvre aux curieux le spectacle des progrès laborieux de son élève.


avec Maria Serena Bellodi le maître
Francesca Tamagnini Kaspar
Piero Usberti le petit violoniste
mise en scène Anne Zénour