Exorcismes – exercices sauvages

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L’exorcisme, réaction en force, en attaque de bélier, est le vrai poème du prisonier. On ne saurait assez en conseiller l’exercice à ceux qui vivent malgrè eux en dépendance malheureuse. Mais la mise en marche du moteur est difficile, le presque-déséspoir seul y arrive. Henri Michaux
UN SPECTACLE SUR LES EFFETS DE LA VIOLENCE ET SUR UNE TENTATIVE ACHARNÉE D’ EXORCISER CETTE VIOLENCE.

Quelque chose, un souvenir ou une épreuve trop dure, a tout bloqué.
Henri Miichaux I devastati
Quelque chose est arrivé à quelqu’un, une folle violence a détruit de façon dévastante la capacité de vivre, d’aimer, de pleurer, de sentir son propre corps comme vraiment sien. Comment repousser les forces maléfiques, comment ne pas être définitivement écrasées par la terreur qui peut toujours revenir à la charge?
Les protagonistes sont deux filles jeunes, Asa et Sée, qui se retrouvent seules après un épisode de violence qui a détruit complètemente leur monde.
Nous sommes parties de deux livres: Le grand cahier d’Agota Kristof, où, dans un pays en guerre, deux jumeaux construisent leur propre système de défense e de “gouvernement” implacable du monde qui les entoure, et Les jumelles qui ne parlaient pas de Marjorie Wallace , dans lequel deux filles jumelles d’origine jamaìcaine se ferment compètement au monde extérieur pour accomplir leurs propres rituels à travers lesquels elles font leur la cruauté latente de la société qui les entoure.
Épreuves, exorcismes, écrit pendant la guerre, et d’autres écrits de Michaux ont été ,dans une seconde phase de travail, déterminants pour conduire une bataille qui impliquait une vigilance extrême pour parer à toute possibilité de récupération de la douleur, pour parvenir à être intangibles. Nous avons été soutenues par le courage et l’insolence de Michaux, avec ses maniéres de “bricoleur” désespéré e acharné, sa façon de se lancer dans le vide avec le risque continuel d’échec, pour se libérer, pour secouer la chappe de plomb qui peut nous atterrer, nous paralyser, nous priver de tout mouvement – mouvement che Michaux, lui, exalte – mouvements d’écartèlement et d’exaspèration intérieure, mouvements d’explosion, de refus, mouvements des boucliers intèrieurs mouvements pour renaitre, pour effacer, pour fermer le bec à la mèmoire, pour repartir.
De ces diverses “influences” est restée comme ligne de force la notion de tentative, d’exercices, un combat inventé pas à pas, coup à coup, contre les forces néfastes che l’on intériorise, pour pouvoir tenir debout, aussi pour pouvoir pleurer, non afin d’attendrir, mais parce que la voie des larmes peut être une des voies pour se retrouver, pour se toucher soi-même.
C’est un spectale fait de gestes, de tentatives d’èlocution, de textes qui reviennent en lambeaux, de voix qui appellent, qui repoussent, qui se rencontrent- et d’un rapport physique exacerbé entre les deux protagonistes.
Les textes dits durant le spectacle sont tirés de l’oeuvre de Henri Michaux, et de recueils de poèmes provenant de diverses traditions: Inuit, Amérindienne , Pygmée.
Esprit de l’air
Viens vite!
Viens vite et anéantis le maleur!
Outre les livres déjà cités ,d’autres lectures nous ont constamment accompagné, des témoignages sur Hiroshima et Tchernobyl, les livres de Van Eeckout et Louria sur des cas d’aphasie.
avec :
Celine Kraus
Anna Teotti
Mise en scène: Anne Zénour
lumière: Stefano Franzoni
costumes: Les couturières